Broad City, une série hilarante et déjantée

Broad City est une comédie américaine hilarante créée et incarnée par Ilana Glazer et Abbi Jacobson, qui ont imaginé il y a presque dix ans cette histoire sur les déboires de leurs doubles fictifs pour en faire d’abord la websérie qui les a fait connaître…

Ilana et Abbi sont deux new-yorkaises fauchées, féministes déjantées, meilleures amies à la vie à la mort. L’une travaille dans un club de gym haut de gamme en tant que femme de ménage alors qu’elle rêve d’être coach. Elle a un chef survolté, un colocataire sans gêne et un voisin qui la fait craquer (sans qu’elle ne parvienne à conserver sa dignité quand elle le croise…) L’autre décuve la plupart du temps dans les toilettes de Deals Deals Deals, la société qui la paie à ne rien faire. C’est une hédoniste extravagante au style vestimentaire très assumé (parfois douteux ?)

Entre jobs pourris, chasse aux mâles et aventures qui partent complètement en live, nous suivons les pérégrinations de ces deux vingtenaires excentriques à travers un New-York atypique peuplé de gens étranges (notamment un serrurier pervers absolument creepy).

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Abbi accédant enfin à son rêve de remplacer un coach absent…

Une série qui s’attaque au mythe de la femme parfaite

Broad City fait du bien car elle se différencie des séries habituelles sur des copines à New-York en évitant les clichés dans lesquels on s’imagine tomber. Pendant que Carrie Bradshaw dévalise Jimmy Choo, Ilana et Abbi multiplient les jobs peu valorisants pour remplir leur frigo (et vont jusqu’à faire le ménage en petite tenue chez un pervers pour se payer un concert de Lil Wayne…)

Corps imparfaits, exagération, grossièreté, addictions, mauvaise foi… : ces filles sont humaines et mettent à mal le mythe de la femme parfaite telle qu’on nous l’illustre. Ce qui invite quand même davantage à s’accepter que des bonasses qui vivent en banlieue chic et qui font du yoga tous les matins sur leur perron. Sans chichi, sans tabou, ces nanas flirtent avec les limites du politiquement correct : la femme parfaite est libre, bitch !

Dans le décor de cette ville parfois effrayante, de cette vie de petits jobs et de systèmes D, de ces relations plus ou moins tordues, leur amitié est mise sur un piédestal. Une amitié inconditionnelle et folle, qui peut paraître exagérée mais qui me semble réaliste (sans doute parce qu’elle est réelle ?) pour sa bienveillance, sa sincérité sans détour, sa complicité insouciante…

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L’amitié, la vraie.

Une série libérée et féministe

Outre les situations farfelues et ultra comiques, c’est le ton décomplexé de la série qui m’a plu. Broad City est une comédie joyeusement féministe qui prône un style de vie et une sexualité libérés des stigmates et des schémas traditionnels.

Nos deux anti-héroïnes sont célibataires et sexuellement décomplexées. On est loin de l’image arriérée d’un féminisme aigri et anti-sexe : elles sont sexuellement actives et elles aiment ça – avec quelqu’un ou toutes seules. Ilana fait des galipettes avec différents partenaires sans visiblement se soucier de leur genre : une sexualité particulière qui n’est jamais explicitée dans la série. Pour quoi faire ? Au menu : (gros) dildos, sex friends, homosexualité… Des sujets toujours traités avec légèreté et sans cliché.

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Whaaat ?!

Reflet grotesque et hilarant d’une génération paumée, Broad City est un plaisir régressif, presque coupable et assurément décomplexant. Enjoy ! (mais pas trop vite quand même : la série n’a que deux saisons au compteur)

Ah oui…

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Source photo : Comedy Central

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