« Ça casserait tout de poser la question » ou pourquoi le consentement sexuel est une notion floue

Elles se sont résignées, elles n’ont pas su dire non, elles ont pensé qu’elles n’en avaient pas le droit : il y a quelques temps, France 2 a diffusé un reportage « Sexe sans consentement » dédié aux relations sexuelles non consenties. Des relations bien différentes de la conception que l’on se fait communément d’un viol, qui traduisent une incompréhension entre les genres.

Il arrive depuis la nuit des temps que des femmes ne consentent pas à des rapports et cèdent quand même. Souvent, à leur entrée dans la sexualité, les filles vivent de ce type de situations, sans violence, sans menace. Où est la limite avec le malentendu ? France 2 a dédié un reportage sur cette zone grise du consentement, à travers les témoignages de plusieurs femmes.

Peut-être que si l’on avait l’habitude de dire oui, on pourrait plus facilement dire non. Les femmes ne sont pas éduquées à exprimer leurs envies et leurs désirs. Il n’y a qu’à considérer combien de relations sexuelles se terminent quant l’homme a joui, pour comprendre qu’historiquement ce n’est pas le désir de la femme qui prime – même si cela change. Voire, si on remonte dans le temps, les femmes n’étaient pas du tout éduquées au sexe. Dieu merci, l’éducation au sexe a avancé mais on n’apprend toujours pas aux filles ni aux garçons ce que c’est que le consentement.

Source : Sexe sans consentement – France 2

On pourrait appeler ça du « viol ordinaire »

Beaucoup de femmes qui racontent leur expérience dans le reportage n’ont pas employé le mot « viol » avant que quelqu’un d’autre ne le fasse. « Ca peut pas être un viol si je le connais, si c’est mon pote, ou si je l’aime, si c’était chez moi ou à une soirée entre potes. » Elles ont dû s’entendre dire par quelqu’un d’autre que c’était grave ou que ce n’était pas normal.

« Je peux pas lui dire non maintenant qu’on est rentrés chez moi. »

En fait, c’est difficile de faire entendre qu’un viol ce n’est pas un taré complètement sadique dans une ruelle sombre un soir de pluie mais que c’est tout simplement une relation sexuelle non consentie. Ça peut être un inconnu, un flirt, un amoureux, un pote, sans violence, sans menace. Un garçon insistant à qui on cède, un garçon à qui on ne sait pas comment dire non, voire à qui on pense ne pas pouvoir dire non.

Dans la plupart des témoignages, les garçons ne s’étaient pas rendus compte qu’ils faisaient quelque chose de mal : et comment pourraient-ils le savoir puisque la fille n’a rien dit ? Pourquoi on n’apprend pas aux jeunes filles qu’elles peuvent dire non et que leur désir ou absence de désir est légitime ?

La fille est complètement passive et le garçon ne voit rien. S’il ne voit rien, c’est parce qu’il y a un imaginaire collectif dans lequel ce qui est désirable, c’est un homme entreprenant qui arrive et qui nous prend, viril, fier et monté comme un taureau. Ça se fait comme ça, « c’est un jeu de regards ». Et bien évidemment, ça « casserait tout de poser la question »Tout ça s’explique par des normes de genre qui assignent des rôles aux femmes et aux hommes : un sujet auquel je dédie mon prochain article.

 

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