Et les mecs, dans tout ça ?

Suite à la publication de mon article Balancer c’est bien, éduquons maintenant, un ami m’a fait part de son opinion de mec sur le féminisme et les événements médiatiques récents. Je suis sincèrement intéressée par le point de vue de la gent masculine : pourquoi l’exclure du débat ?

D’abord, il m’a dit qu’il avait été gêné par le terme éduquer et que cela signifiait pour lui infantiliser les hommes. Ne nous méprenons pas sur mes intentions en écrivant « éduquons » dans mon dernier article : l’objet n’est pas d’éduquer les hommes mais tout le monde. Les femmes elles-mêmes ont des comportements sexistes. De la même façon, l’homophobie ou la transphobie ne sont pas la chasse gardée des hommes. Ce ne sont pas les hommes, les ennemis : ce sont les mentalités. 

Mon pote, donc, s’est senti pointé du doigt. Cette idée d’éduquer, il l’a retrouvée dans d’autres articles féministes, au ton parfois méprisant ou accusateur. En gros, les hommes sont des enfants qu’on doit prendre par la main pour leur expliquer comment il faut penser. S’il a longtemps été un allié des féministes, il est aujourd’hui réticent à les soutenir car il craint que le féminisme ne se développe au détriment des hommes. 

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Ce qu’il ne faut pas faire.

Ces dernières années, il a rencontré de plus en plus de nanas qui se foutent royalement du monde. Pour moi, c’est un comportement égoïste ou malveillant indépendant du genre. C’est une généralisation de la consommation de l’autre qui se pratique à l’heure actuelle. C’est du manque de respect et ça, à la fois un homme et un femme en sont capables. Mais pour lui, certaines pensées féministes encouragent une forme de mépris des hommes, comme si on ne les respectait plus. Les filles sont exigeantes mais les mecs, eux, n’ont pas trop à l’ouvrir. Parce que ce sont des mecs et qu’ils ont tort de toutes façons. Ils ont d’emblée le mauvais rôle. 

On ne peut rien dire sur les femmes, me dit-il,  sous peine de se faire taxer de sexisme ou de se voir rétorquer « de toutes façons, vous les mecs vous êtes mal placés pour… » Je ne lui donne pas tort, surtout en ce moment. Pourtant, il a le droit de critiquer des femmes qui lui ont manqué de respect. À mon sens, être pour l’égalité des femmes, ça ne veut pas dire exiger pour elles un statut intouchable, protégé de la critique et des conséquences de leurs actes. 

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 » Ah mais moi ça ne compte pas : je suis une femme ! « 

Tout ça m’amène à penser qu’il y a un réel déséquilibre dans les rapports hommes-femmes, que subissent finalement les deux genres. Les mecs ont l’air aussi désillusionnés que les gonzesses. J’en entends beaucoup autour de moi. L’objectif, c’est d’équilibrer les rapports. Ce n’est pas instaurer une domination de la femme ; c’est avancer vers plus d’harmonie entre les genres. Ce serait tout bénéf’ pour tout le monde, non ?

Ce n’est pas en déclarant la guerre aux hommes que l’on gagnera quoi que ce soit. Alors c’est dommage d’effrayer de potentiels alliés, qui partagent nos convictions mais qui se sentent pointés du doigt pour leur genre. Ma conception, c’est que les revendications féministes ne vont pas de pair avec le mépris des hommes. J’adore les hommes pour un tas de raisons. Surtout pour leurs différences, finalement.

Ce n’est pas parce qu’on n’a besoin des hommes qu’on ne veut pas d’eux.

Image en-tête : cdn.theatlantic.com

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