Il n’y a pas de bonne décision

De « que manger ce soir ? » ou « quel film regarder ? » à « faut-il que je change de job ? » ou « devrais-je acheter cet appartement ? » : la vie est faite de décisions quotidiennes aux conséquences plus ou moins importantes. Il est souvent difficile, a fortiori lorsqu’on est pris par le temps, de prendre une décision sereinement.

 

FOBO, syndrome des indécis

Comment décider quand il y a une infinité de choix ? Notre société de l’hyper-choix a créé un nouveau mot : FOBO, pour Fear Of Better Options ou la peur de passer à côté d’une meilleure décision. Ce néologisme désigne l’inaptitude de certaines personnes à se décider, parce qu’elle se disent tout le temps qu’il y a peut-être mieux à choisir.

Ce phénomène est amplifié par l’ère du web et des réseaux sociaux. On a trop de choix, tout le temps : on peut tout commander sur Deliveroo, matcher avec plusieurs personnes sur Tinder, choisir sur Netflix parmi des centaines de séries, être invité à trop d’évènement simultanés sur Facebook, choisir une nouvelle robe parmi des milliers de références sur le net… Si certains n’ont aucun mal à trancher, d’autres sont paralysés par la peur de passer à côté de mieux !

 

Le reflet de phénomènes sociétaux

Plus il y a de choix, plus on hésite, plus on souffre. Le FOBO illustre bien un des paradoxes de notre époque : l’abondance des biens conduit à une impasse (Rémy Oudghiri, sociologue).

Derrière le très contemporain FOBO se cache la peur de devenir adulte. Choisir, c’est grandir. Ne pas choisir, c’est rester jeune. Peur de faire des choix, de s’enfermer dans une case, de décider d’une voix unique, de faire une croix sur sa jeunesse… On vit sa vie en « mode projet » en fuyant les engagements durables qui nous enferment.

« L’engagement ? Non merci ! »

 

Quelle est la meilleure décision ?

Prendre du recul, cerner la question de manière objective, évaluer les solutions, se faire confiance etc. sont autant de clés pour bien décider. Pourtant, l’objectif ultime de la « meilleure décision » est inatteignable : un être humain ne sera jamais capable d’analyser tous les tenants et aboutissants, pros and cons d’une décision.

Et si la « meilleure décision » ne nous rendait même pas heureux ? Les personnes atteintes de FOBO pèseront tellement le pour et le contre qu’elles auront tendance à prendre de « meilleures décisions » mais elles seront toujours moins satisfaites de leurs choix que les autres personnes. Elles perdent du temps et de l’énergie dans des regrets et des questionnements et continuent de penser aux autres options qu’elles ont sacrifiées.

 

Remplacer la « meilleure décision » par celle qui nous rend heureux

Comment en finir avec la spirale infernale des options, qui nous empêche de décider ? Tim Herrera du NY Times suggère une solution simple qu’il nomme la MFD, Mostly Fine Decision : il s’agit de se contenter, sans tergiverser, de la première décision qui nous rend heureux.

Et si on commençait pas définir ce qui nous rend heureux ? Il n’y a pas de bonne décision, il n’y a que des choix. Toute décision comporte de bons et mauvais aspects. Une décision semblera « bonne » à l’un et « mauvaise » à l’autre.

Un choix qui nous rend heureux n’est pas forcément le meilleur choix à prendre mais surtout celui qui nous convient. La perfection n’existe pas. Le « normal » n’existe pas.

Un autre axe consiste à prendre conscience que rien n’est jamais définitif. S’engager dans une voie ne signifie pas se refuser le droit d’en changer lorsque l’envie s’en fera sentir. Penser que l’on n’est jamais « coincé » par ses choix mais que l’on opère les décisions qui nous conviennent le mieux à un instant T.

 

Ressources :

L’article de Tim Herrera du NY Times

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