J’en ai ma claque de Hanouna et sa clique

« Est-ce qu’il va s’arrêter un jour ? » : ce sont les mots qui me viennent à l’esprit pour évoquer cet animateur dont je n’ai pas besoin de regarder l’émission pour entendre parler de ses frasques. L’émission TMTP n’en est pas à son premier tollé sur les réseaux ni sa première vague de saisies auprès du CSA. Sauf que, perso, le niveau de connerie commence à me foutre la trouille.

Récemment, il y a eu ça :

En mode normal, un sondage sur l’IVG, un droit acquis en France depuis 1975 (seulement) et pour lequel des gens se sont battus. C’est le principe de la nouvelle émission de Hanouna, Balance ton post : ouvrir le débat. Sur des sujets plus que déconcertants : par exemple : “Jacqueline Sauvage, victime ou coupable?”, “Pour ou contre l’avortement?” ou encore “Pour ou contre la burqa?

Non contents d’ouvrir de vrais débats, Hanouna et son équipe posent des questions maladroites et odieuses. Le problème, c’est que leur émission se positionne en tête des audiences et que ça donne à voir à plus d’un million de personnes en moyenne des « débats » à l’apogée de la connerie.

Cette semaine, le CSA a à nouveau été saisi – près de 5000 fois – après que TPMP ait minimisé le viol conjugal au cours d’une émission. C’est parti d’une émission de Fun Radio qui a trèèès maladroitement lancé ce débat sur les réseaux :

Tout cela peut effectivement laisser à penser qu’on pose la question : le viol, pour ou contre ? Fun Radio s’est justifié en expliquant qu’ils ont justement voulu aborder le sujet dans leur émission. Le consentement est le thème de la semaine de l’émission Lovin’Fun en collaboration avec l’agence Santé Publique France et sa campagne Ok, pas ok. C’est avant tout la tournure de la publication qui est maladroite puisqu’elle ne nomme pas les choses clairement et les banalise donc.

Mais ce qui m’a mise hors de moi, c’est le traitement de cette polémique par TPMP. Gilles Verdez fait partie des rares exceptions et considère qu’il s’agit d’un viol. Et il a raison : pénétrer quelqu’un pendant son sommeil, c’est un viol. Referez-vous à la définition légale : « tout acte de pénétration sexuelle par la violence, contrainte, menace ou surprise. » Verdez se fait donc incendier par Hanouna et les autres chroniqueurs.

La romancière Géraldine Maillet juge la polémique excessive : « Il va y avoir un code civil du sexe ». « Je pense que mettre le mot « viol » pour ce cas précis de Charlotte, ça n’a aucun sens et c’est même presque dangereux pour tout le monde. » L’ancienne miss France Delphine Wespiser renchérit : « On parle pas du voisin mais de son petit copain, avec qui elle est et qu’elle est censée aimée. » « Des choses qui se font quand l’une ou l’autre des personnes dorment, c’est mignon. » Nabila pose quant à elle LA question : « Comment on peut savoir si elle est d’accord ou pas, étant donné qu’elle dort ? » Bien vu.

On tombe dans l’ignominie avec Delormeau, qui croit bon de distinguer le « vrai viol » du « faux viol » : “Employer le mot viol pour ça, c’est une honte pour les gens qui se font violer […] Il y a des gens qui se font violer, on sait vraiment ce que c’est que le viol […] 99% des gens ont compris la question : c’est réveiller sa copine qui a envie de dormir et pas envie de faire l’amour […] C’est pas un viol en l’attachant, en la contraignant”. VOILÀ VOILÀ.

En réalité, il n’y a aucun débat dans cette émission. Le plus lucide est traité en idiot et en censeur : « C’est à cause de gens comme vous qu’on va plus faire de télé, qu’on va plus faire de radio, et on va tout arrêter. (…) Vous faites partie des responsables. » lance Hanouna à Verdez. Ce phénomène est devenu courant sur les réseaux sociaux : lorsque qu’une voix s’oppose au groupe, elle aura beau argumenter, être documentée, elle aura du mal à se faire entendre et sera souvent lynchée. Faites le test et vous verrez dans quelle mauvaise foi peuvent parfois tomber les débats.

Ce qui me pose problème, c’est la puissance médiatique de cette émission qui prend la parole de manière odieuse ou sordide sur des questions inappropriées et qui abreuve quotidiennement plus d’un million de personnes de stupidités qui ne sont ni constructives, ni drôles. Ils font reculer les choses, mais ils ont la puissance de frappe des médias.

Si Hanouna a raison, ce sont les gens comme Verdez, comme tous ceux qui ont saisi le CSA ou réagi sur les réseaux, comme vous, comme moi,… qui seront responsables si on finit par lui serrer la vis. Voilà, je pose ça là.

 

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