Marre du bullshit, place aux vraies femmes

Dans un précédent article, j’évoquais ma lassitude vis-à-vis de la propagande d’une perfection lissée que donne à voir Instagram. Le phénomène n’est pas nouveau, puisqu’il y a déjà quelques années que l’on dénonce la tyrannie du cool et les dessous psychologiques destructeurs d’IG.

 

Les Millenials se cachent pour s’assumer

Finstagram (mélange de « fake » et « instagram ») ou le compte caché sur lequel les millenials se sentent libres de poster des images drôles ou embarrassantes, des selfies ratés, des mèmes, sans se soucier une seconde de choisir un filtre. Sortant ainsi du carcan d’une perfection lisse et fabriquée de toutes pièces. C’est donc un compte sur lequel exposer son true self sans se soucier de maîtriser son image digitale, à l’opposé du rinstagram (contraction de « real » et « instagram » – le « vrai compte ») Reste un point qui m’interpèle : pourquoi considérer que le compte sur lequel on est soi-même est le « faux » ?

 

À gauche le « real instagram », à droite le « fake ».
Via cheese.konbini.com

 

Les influenceurs nous fatiguent

Une étude supervisée par Bazaarvoice et réalisée par Morar Research auprès de 4000 consommateurs au Royaume-Uni, en Allemagne et en France démontre un agacement croissant à l’égard des publications d’influenceurs. C’est d’une part le manque de transparence des contenus sponsorisés, que pointent du doigt 49% des sondés, mais également la répétitivité et la baisse de qualité des posts (23%).

Autre motif de fatigue, la nature-même des publications. Les personnes interrogées les jugent : non représentatives de la vraie vie (54%), trop matérialistes (55%) et tirant parti d’audiences facilement impressionnables (62%).

 

Marre du bullshit : place aux vraies femmes

Si les millenials se cachent pour assumer leur true self, les tendances 2018 sur le réseau démontrent un ras-le-bol vis-à-vis de la perfection insipide des bloggeuses beauté et autres influençeuses auto-proclamées. Il n’est pas nouveau mais il prend de l’ampleur.

C’est fini, les mignonneries. La représentation de la beauté telle qu’elle se déclinait sur Instagram au travers de selfies aseptisés, de minauderies et de summer body challenge laisse place à une féminité décomplexée.

Place aux vraies femmes. Elles sont trash, outrancières, drôles, spontanées – quitte à choquer.

Exploser les canons du beau

Imperfections assumées, représentation de la diversité, éloge de la singularité. Quitte à choquer, ces femmes rendent à leurs défauts leurs lettres de noblesse : « oui, j’ai de la cellulite ! oui, j’ai des règles ! oui, j’ai des poils ! c’est naturel, qui a dit que ce n’était pas normal ? »

Ces revendications sont aussi portées par des mannequins atypiques qui donnent de la visibilité à cette mouvance d’acceptation de soi. Ronde, transgenre, souffrant de strabisme, atteinte d’albinisme, de trisomie ou amputée d’un membre : une nouvelle génération de mannequins – hommes et femmes – cassent les codes du beau. Et encouragent d’autres à s’assumer.

Sans tomber dans le travers d’exhiber ses poils d’aisselles juste pour choquer, je partage et encourage ces revendications. Et vous ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *