Pourquoi se réfugie-t-on dans de faux plaisirs ?

On s’adonne tous assez souvent à des activités ou des comportements qui nous procurent une satisfaction immédiate et de court terme : manger du chocolat devant le film, faire du shopping, boire ou fumer… Ce sont des plaisirs faciles, accessibles, immédiats et donc très tentants.

Pourtant, ce sont parfois des plaisirs qui engendrent des conséquences négatives plus importantes que la satisfaction à court terme qu’ils apportent. Ces activités ne sont pas problématiques en elles-mêmes : c’est l’exagération qui crée le problème. Si je mange trop, je prends du poids ; si je dépense l’argent que je n’ai pas, j’ai des problèmes financiers ; si je fume trop, j’ai des problèmes de santé…

En réalité, ce sont des comportements que l’on adopte pour se protéger des émotions négatives. Lorsqu’une émotion désagréable se présente et qu’elle nous fait peur, on fait appel à un faux plaisir pour l’atténuer. Cela s’explique par le fait que l’être humain soit guidé par certaines motivations principales :
– la recherche du plaisir,
– l’évitement de la souffrance
– l’efficience – c’est-à-dire recourir à la solution qui demandera le moins d’efforts.

Ces motivations créent les conditions pour que l’on s’adonne à ces faux plaisirs : je veux éviter l’émotion négative donc je recherche le plaisir pour la contrebalancer. Ces faux plaisirs provoquent une décharge de dopamine concentrée. Et comme notre cerveau cherche à être efficient, il privilégie ces sources de plaisir car il les associe à ce qui nous donne le plus de satisfaction.

Si ce mécanisme a pu être utile dans l’évolution de l’espèce humaine, on a aujourd’hui tendance à s’orienter vers de faux plaisirs accessibles trop facilement et qui ont des conséquences néfastes sur nos vies. Par un détournement de nos motivations, nous sommes piégés par notre cerveau.

Dans nos vies modernes, nous sommes pour la plupart à l’abri de la souffrance physique ou du danger : c’est donc de la souffrance émotionnelle, que l’on cherche à se protéger. La société nous dit qu’on a le droit au bonheur, on voit même des gens qui y arrivent ! Alors nous vivons nos émotions négatives comme des échecs et on s’emploie à les éviter à tout prix par la recherche du plaisir (facile).

La première conséquence de ce mécanisme, c’est qu’on rejette et qu’on nie ces émotions négatives. Or, plus on les évite et plus elles prennent de l’ampleur – et plus on en a peur. Si au quotidien, dès que je sens une émotion désagréable, je m’enfile une plaque de chocolat, j’entretiens ma peur des émotions négatives et mon incapacité à les accueillir et les gérer. Et je ne ferais que manger plus de chocolat.

Ensuite, un être humain est stimulé par le fait d’évoluer, d’apprendre, de grandir. Pour avancer, on passe par des périodes d’inconfort, d’incertitude, de solitude… Mais à la clé, il y a une satisfaction vraiment significative et de la fierté, de l’épanouissement, etc. Cette satisfaction-là a un prix : celui d’efforts. Mais au lieu d’avancer vers ces plaisirs plus durables et significatifs, on privilégie des plaisirs faciles.

La plupart des gens vivent toute leur vie comme ça et font des régimes ou des crédits : ils s’accommodent des effets négatifs. Mais quand on n’a plus peur d’accueillir son émotion et qu’on a appris à se consoler soi-même, on n’a plus besoin du faux plaisir. Ca ne veut pas dire qu’on ne mangera plus de chocolat : ça veut dire que ce ne sera plus un besoin impérieux qui nous contrôle.

Alors comment s’affranchir de ces faux plaisirs ? J’aborderais le sujet dans mon prochain article 🙂

 

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